dimanche 21 juillet 2013

Le bon coup

"… Je crois que je n'ai jamais joui".
Je me répète ces mots pour essayer de comprendre ce que tout cela veut dire.
Je ne sens pas ma fierté de mâle voler en éclat. Je n'ai jamais eu de fierté. Ou bien je ne la situe pas à ce niveau de mon existence. Et pourtant je sens le souffle du couperet, tout prêt de moi et je sais qu'il vient de trancher dans le vif de mon corps, quelque part, même si je ne sens pas encore la douleur.
Je voudrais dire quelque chose mais je ne trouve pas. Pourtant j'ai toujours quelque chose à dire d'habitude. Des choses élevées, spirituelles. Comme Dr House qui dit toujours des phrases que l'on ne comprend qu'au bout des quarante et une minutes de l'épisode. Je suis si philosophe.
Et là, rien.
Et je sais que ce n'est pas l'idée du mensonge en soi qui vient de me faire tomber.

Ce n'est pas non plus l'idée de ne pas être à la hauteur qui m'enlève les mots de la bouche. Le sexe s'apprend et je suis certains que chaque personne a sa propre façon de le vivre. Je sais qu'à chaque instant, l'entreprise nécessite potentiellement une totale remise en question. Et l'idée de ne pas avoir réussi ne m'embête pas outre mesure.
Ce n'est pas cela non plus.

Je ne dis toujours rien. Et je ne réfléchi même pas. Je reste coi.
L'idée de ne pas être à la hauteur ne m'a jamais dérangé. Dans le sexe, on peut apprendre. J'ai confiance en moi pour cela.
Sauf qu'elle m'apprend cela alors que l'on a rompu il y a peu. Et qu'avant, elle disait qu'elle était amoureuse de moi. Et qu'elle m'a dit qu'elle aimait baiser avec moi. Que je la "baisais comme une reine". Et que plus maintenant en fait, et c'est trop tard, parce que je ne pourrais plus jamais me rattraper. 
Elle et sa putain de vérité à tout prix. J'en fait les frais depuis plusieurs mois. Depuis avant que ça soit fini. Tout y est passé. Du plus petit mensonge au fameux ton pote en vrai c'est pas du tout ton pote.
Mais ça, le je crois que je n'ai jamais joui..., elle s'est gardé de me le dire. Évidemment. 

Il y a des mensonges douloureux parce qu'ils signifient forcément que vous êtes un idiot.
Idiot d'avoir cru en l'évolution du couple qui tendrait inéluctablement vers le mieux.
Idiot de penser qu'il y a des sujets sur lesquels on ne ment pas parce qu'il n'y a simplement aucune raison de mentir.
Idiot surtout d'avoir penser que je suis capable de mieux faire, alors que l'autre, pas du tout convaincu en revanche, n'a pas daigné me dire que je faisais un travail très moyen, préférant me dire en me tapotant la tête c'est parfait mon chéri, ne t'inquiètes pas....
Ce n'est pas grave, parce que de toute façon, je ne suis rien de plus qu'un mauvais moment à passer. 
Elle pourra toujours prendre un amant. 
Chouet. J'ai toujours rêver de tomber sur une femme assez compréhensive pour prendre un amant dans le pire des cas. 

Je lui réponds qu'elle nous a donc torpillé, purement et simplement. Qu'en fait, contrairement à ce que j'avais pensé, notre couple n'avait pas une chance.

Elle m'a déjà menti par le passé. Le mensonge, c'est quelque chose que je peux comprendre. Mais là je suis au téléphone, et je ne dis plus grand chose. Je pense à tout l'inutilité de certains mensonge et je reste incrédule au téléphone. Pendant le reste de la conversation, elle essaie de m'arracher quelques mots. Un si si... un oui, un non...
Je suis curieusement fatigué, à l'idée d'avoir lutter pour un couple qu'elle laissait mourir depuis le début. 


vendredi 19 juillet 2013

Le reste

- "… et ça ?
- … non...
- … Donc quand tu as dit ça, c'était pas vrai non plus ?...
- … si. Ça, oui...
- …
- Qu'est-ce qu'il y a ? Tu sais, si je te dis ça, c'est parce que je veux être honnête avec toi.
- …
- Et...
- Quoi ?...
- … il y a ça. Ça non plus ce n'était pas vrai.
- …
- Et si je ne voulais pas c'est parce que ce n'était pas vrai. Tu lui en a voulu pour rien. 
- ...
- ... Tu dis rien ?
- ... On avait pas une chance en fait.
- Si je te dis tout ça c'est justement parce que j'en ai marre de mentir...
- ...
- ... et je veux être bien. 
- … Tu nous a torpillé...
- Mais pour le reste, c'est quand-même vrai..."
Le reste...

mercredi 17 juillet 2013

Les cowboys solitaires

J'ai les yeux plissés par le soleil et le sable porté par le vent.
Je devrais rentrer mais j'attends.

On m'a dit d'attendre. Alors je reste assis sur le perron de cette vieille baraque en bois qui n'est même pas à moi. Je ne sais pas à qui elle est. Quelqu'un qui l'a acheté pour être tranquille je suppose, parce que depuis que je suis sorti devant la porte pour m'asseoir, et ça fait quelque temps, je n'ai jamais vu passer personne. Il n'y a tout autour de la maison que du sable. Ou du sel, je ne sais pas très bien. Quelque chose d'impitoyable pour quiconque chuterait à cause de la déshydratation. Quoique ce soit, ça m'est un peu égal puisque je suis juste sorti sur le porche pour attendre le retour de quelqu'un.

On a tous un fantôme qui nous a un jour dit d'attendre. Attends moi, je reviendrais. On en a tous un quelque part. Le tout est de savoir si on l'attend ou si on laisse tomber pour continuer, avec à jamais cette petite impression de ne pas avoir attendu.
À tord ou à raison.
On a tous un fantôme qu'on attends ou qu'on n'attend plus.

Ne pas attendre ? Pour que ce fantôme ne me lâche plus ? Pour qu'à jamais chaque pas que je ferais dans l'existence le soit grâce à cette "non-attente" ? Je tiens trop à ma liberté pour l'entériner dans une permission de ne pas attendre. Plutôt en finir.
C'est pour ça que j'attends. Pour rester libre.
Enfin, je me comprends.

Je regarde au loin parfois parce qu'il me semble avoir vu quelque chose, mais c'est toujours un mirage. Toujours. Je me fais toujours des idées dès que je crois qu'il approche quelque chose.
On a tous en nous un fantôme qu'on attend. Les yeux plissés par le soleil, sur le perron de notre baraque en bois mal foutue.
Il y a des gens qui n'attendent pas encore quelqu'un. Ceux-là n'ont pas de maison mal foutue. Ceux-là ne sont même pas là, dans ce désert. Je ne sais pas si on fini par être locataire d'une baraque mal foutue à force d'attendre..., ou bien si c'est parce qu'on habitait ici qu'on a fini par attendre qui que ce soit qui est parti, en espérant qu'il reviendra.
Je ne me souviens pas.

Je me souviens avoir toujours attendu. Et puis un jour, c'est un fantôme qui m'a dit de l'attendre parce qu'il reviendrait. Alors je me suis assis sur le perron, sur un vieux fauteuil en osier, les yeux plissés par le soleil. Et j'ai attendu.
Parfois je rencontre des voisines. À ma droite. Ou à ma gauche. À quelques dizaines de mètre. Pas trop près, pour ne pas gêner nos baraques mal foutue. On se parle. On échange un peu d'idées. Elle est assise sur un perron aussi. Elle attends un fantôme aussi. On en parle pas pour se laisser le loisir de nos conversations. Et puis à force d'attendre sur sa chaise, on parle de plus en plus fort pour se faire entendre. Au lieu de se rapprocher.
On comprend souvent mal ce que l'autre dit à une telle distance. Alors on fini par laisser la discussion s'étioler doucement et on détourne les yeux vers l'horizon parce qu'on croit voir quelque chose. Quelqu'un qui se rapproche. Un fantôme qui revient.
Mais c'est toujours en imagination.
Je ne sais même pas si j'ai bien entendu. Je ne sais même pas qui est sensé revenir. Je ne sais pas ce que je fais là à attendre.
Mais si je pars aujourd'hui, et que je rate l'occasion d'être heureux lorsque mon fantôme reviendra...
Et si je décide d'arrêter d'attendre, et que, à jamais tout ce que je ferais c'est d'avoir arrêté d'attendre...
Il va bien finir par passer quelqu'un sans baraque. À portée de voix. Quelqu'un avec qui on pourra se comprendre parce qu'on est assez proche.
Et là je n'aurais même pas l'impression d'avoir cessé d'attendre. Je ne penserais plus à ces fantômes qui n'existent pas.
Il faut juste attendre que passe quelqu'un.
Ça aussi.

mercredi 26 juin 2013

L'interphone

Je viens de raccrocher l'interphone, en passant devant. Il pendait comme un mort. Le symbole était trop percutant et ça m'a gêné. Alors j'ai raccroché le combiné. Ce n'était pas une nécessité absolu parce qu'à par Dorothy, il n'y a pas grand monde qui est susceptible de venir sonner cher moi pour que je lui ouvre. Et Dorothy ne viendra pas.
Il pendait depuis dimanche. On est mardi, il est presque minuit. Je l'ai vu et j'ai presque pu sentir l'odeur de la mort, de ce couple que l'on était, dans toute sa force, comme si cette interphone attestait de la réalité des faits. Ce truc qui pend et qui ne devrait pas pendre, inerte.
Ce n'est pas sa place.
Ça ne devrait pas.
Il a dû se passer quelque chose d'erratique auquel ce combiné qui pend fait écho.
Jamais un combiné qui pend n'a symboliser autant la fin de tout.
Le tableau est percutant de clarté. Peu importe que les choses pendent. Peu importe qu'elles ne servent pas pendant ce temps. Mais là, le message est trop clair et ça me gêne.

Alors j'ai raccroché. Avec un peu de mépris. Parce que ce n'est pas pour rendre l'interphone à nouveau opérationnel que j'ai raccroché. J'ai raccrocher parce que finalement, en posant mes yeux dessus, j'ai réalisé qu'il hurlait à la mort, à chaque fois que je passais devant, il hurlait comme le ferait un chien de garde pour m'avertir d'une chose surprenante, des fois que ça m'aurait échapper. Regarde bien ! … regarde comme c'est surprenant...
Que cette rupture.
Voilà quelque chose qui n'est pas dans l'ordre des chose.
Anormal.

jeudi 20 juin 2013

Le serpent

Je lis un fait divers dans le métro.
L'homme donne des représentations pour apprendre aux enfants à ne plus avoir peur des reptiles.
Pendant l'une de ces représentations il se fait mordre à plusieurs reprises par une vipère.
Je lis qu'il a pris soin avant de faire son malaise de remettre la vipère dans son vivarium.
Pour qu'elle ne blesse personne d'autre.
Puis il est mort.
Je me retiens pour ne pas pleurer.
Je ne suis pas encore aussi solide qu'avant.

lundi 26 novembre 2012

La chute le l'Empire

Quelqu'un pour me sauver. S'il vous plait.
J'etais un roque avant. Un cap. Que dis-je... Un cap. J'étais une pine insulaire alors qu'aujourd'hui loin des rêves de marin solitaire, j'ai regagné le continent, où m'amie m'attends en tablier pour manger à vingt-deux heure quarante cinq. 
Me voilà courbant l’échine devant la demoiselle qui perturbe mes mirettes. De la merde dans les yeux? Non. Du cake au fruits.
Jamais je ne me serais laisser arracher au petit bois de ma petite cabane rustique pour les frasques de la vie de ces couples qui se traînent  avec leurs maux, jusque dans les soirées entre amis desquelles on repart à une heure raisonnable. Et aujourd'hui je suis embarquer dans les "mais non chouchou que je n'ai pas dit ça pour dire ça" avec de la barbe a papa dans la voix. Tu sais bien que c'est toi la meilleure, dit-il presque par nécessité.
Comment me suis-je laissé prendre? Par une jeune femme dont les courbes ont fait pliés mes idées reçue jusqu'à me rendre mielleux parfois? Comment.

Je ne sais même pas si c'est du parjure. Si on dira un jour de moi que je me suis dévoyé a cause de la volonté de bien faire. Un nouveaux Franck plus accueillant oubliant toute son amertume sur son passage. Ou si je suis sur la route de mon salut.
Je pourrais leur répondre à ces détracteurs que j'ai peut-être aussi réalisé que l'important ce n'était pas tout ça, Que finalement c'est bien aussi d'être simple et bien, et que regarde plutôt le plus important. Je devrais leur dire vite à ceux qui me critiques, que je préfère à tout cela me pencher sur la raison première qui ferait de mon existence un véritable enfer: moi. Et que régler le problème de mon accomplissement me permet d'être doux à côté sans avoir l'impression de perdre ma grande guerre. 
Je voudrais me justifier en leur disant tout cela. Que je suis un agneau mais que je n'ai pas cédé! Et ils prendraient une leçon. 
Mais, alors que je m'apprête à ouvrir la bouche pour me défendre, je vois. L'enfer.
Contrairement à ce que disait Sartre, l'Enfer ce n'est pas les autres. L'enfer c'est Personne.
Personne pour me regarder avec pitié. Personne pour me cracher mon petit bonheur mielleux à la gueule. Personne pour m'invectiver. Pour me dire Franck, ressaisit-toi!
Personne pour trouver à redire au sujet de ça. Ces récents petits chamallow qui sautillent par dessus chaque mot quand je lui parle à elle.
Au contraire. Ils trouvent ça bien.

Ils sont heureux pour moi. Ils sont contents. Rassurés peut-être, même, que je fasse enfin parti de cette grande famille. Que je sois devenu tellement plus compréhensible.
Alors je garde mes arguments tout prêts pour moi, au fond de la gorge. Morts-nés, Fauchés par l'approbation de tous ou presque, en pleine force de l'age, toutes c'est raisons que j'avais préparées pour justifier de mon changement récent d'attitude. Mais à cause d'eux et de leur intolérable consentement, plus personne pour me demander des explications.
Et plus aucune raison d'expliquer pourquoi j'ai changer. 
Plus aucune raison d'expliquer en réalité qui je suis.
Et aucune raison d'expliquer pourquoi je ne le suis plus.

mardi 30 octobre 2012

Comme du ciment pour ne plus creuser

Il ne faut pas remuer le passer mon ami Franck. Il faut laisser les choses où elles sont.
Laisse décanter les choses comme la vase qu'on laisserait retomber au fond d'un bon verre de vin. Un vin doux-amère délicieux ou flotte tout un tas de morceaux de coquilles vides parce qu'il y a cette histoire d'omelettes sans casser des oeufs tout ça.

Avant j'aurais bien tout remuer pour laisser les choses prendre leur place comme ça arriverait sûrement. Mais le temps passe et ça ce sont des femmes qui me l'ont appris. Et le temps passe vite. Parfois même il est devant nos yeux.
Ça ce sont quelques femmes qui m'ont averti.
Parfois il y a une question d'enfant aussi. Et les enfants n'attendront pas. Ça aussi ce sont des femmes qui me l'ont dit.

Avant j'aurais bien remuer les bras fort, pour que de ce chaos se dégage quelque chose qui finirait bien par être compréhensible. Comme le petit artiste en culotte courte que je suis. Prétextant que le nature tant au déséquilibre permanent tu comprends et que de tout ce foutoir va bien se dégager quelque chose de clair et de bon.
Mais le temps passe. Ce sont les femmes qui me l'ont dit. Et je n'ai pas autant de temps que la nature, moi. Et il serait peut-être temps de me presser.
Pas pour un enfant. Pas pour un travail.
Ou je ne sais pas. Pour tout ça peut-être en vrai.

Alors des fois je me dis qu'il y a des questions qui resteront sans réponses parce que je comprends que le temps passe.
Je pense a ces femmes qui m'ont appris çela.
J'aimerais bien leur demander de m'expliquer comment. Pour savoir. Parce qu'elles avaient l'air de savoir plus que moi.
Mais a force d'écoute je me suis pris à essayer aujourd'hui de figer quelque chose à mon tour. Arrêter de courir. Je ne sais pas comment faire, parce que je n'ai plus ces précieux conseils et que moi je n'ai jamais vraiment su que le temps passait si vite.

Enfant.
Maison.
Travail.
Le bien-être d'une vie accomplie.

J'étais trop jeune quand je m'en suis aller. Et aujourd'hui j'essaie sans trop de point de repère de figer ma vie. De l'arrêter part endroit. Comme certaines femmes me l'ont appris.
Mais je ne suis pas sur de savoir.
Sauf que le temps passe. Ça je le sais. Parce que j'écoutais quand on me l'a dit.

Enfant.
Maison.
Travail.
Une vie accomplie.

Ne remue pas le passer a la recherche d'une leçon que tu aurais oublié mon ami Franck. Avance.
Le doute.
Mais avance. 
Ne remue pas le passer pour en attendre un conseil.