samedi 10 mars 2012

Bonjour Kitty


Elle n'est pas vraiment jolie. Le crayon noir renforce les traits de ses yeux parfois même en cachant ce qu'il reste de cernes d'une vie bercée par un travail à la con.
Elle n'est pas réellement bien faite. Un peu trop tassée sur elle-même et une démarche un peu pataude, comme souvent chez ces jeunes gens un peu mal à l'aise dans leur corps.
C'est quand elle sourit qu'elle nous rappelle parfois à quel point elle est jeune et de son sourire et de sa gestuelle rayonne dans ces moments-là une sorte de fraicheur qui éveille l'envie.
Et dès que le sourire s'en va de son visage, on y retrouve instantanément cette sorte de fatigue.
Et pourtant.
Je t'ai déjà parler de ces détails qui rendent les gens merveilleux. Pas les détails qui sont en fait des choses très importantes. Des détails.
J'ai connu quelqu'un qui était toujours calme. Chiant mais calme. Passer une soirée avec lui c'était comme passer une semaine à Center Parc. Et je sais pas si t'as vu les tarifs.

Hello Kitty (puisqu'elle me fait un peu penser à elle) a ce genre de pouvoir.
Mais elle ne repose pas.
Elle ne te paie pas toujours tes coups à boire.
Elle n'est pas vraiment chiante tout en réclamant souvent en plein milieu des discussions une sorte attention subite sous couvert d'anecdotes tournant autour d'elle. Typique d'un échos d'une adolescence pas tout à fait terminée.
Mais voilà. Hello kitty possède le décolleté le plus beau qu'on a vu depuis longtemps. Un décolleté qui projette ses seins magnifique hors de leur perchoirs et qui débordent malgré elle jusqu'au bord de ses tee-shirts colle en "V".
Lorsqu'elle se met en tee-shirt, le décolleté d'Hello Kitty, je le jure, est infiniment plus beau que Regardez-moi dans les yeux... j'ai dis les yeux.
Et ça, ça lui confère un statut unique.

Un détail pas important. C'est vrai.
Mais ça rend Hello Kitty tellement unique. Tellement.

jeudi 16 février 2012

Si tu me vois, laisse un message

Je me dis sans même m'en rendre compte que là en fait, j'ai envie de rentrer le plus vite possible...

Ça fait vingt minutes que je suis là et je ne sais plus où regarder pour m'occuper. Salut par-ci, salut par là. Un "hey, mec!" Jeté avec enthousiasme a un pote qui est là aussi. Rentrer. Surtout.
Je parle à la nana de mon pote quelques secondes. La soirée est tranquille. Même que certains spectacles sont franchement biens.
On se capte entre deux installations. On est content de se voir, même deux secondes. Mais même nos regards se demandent pourquoi on joue à ça. Ça fait longtemps aussi. C'est pour ca. On a perdu l'habitude de l'affection de proximité.
Rentrer le plus vite possible.
J'ai des clopes. Du coup je les laisse entre eux une dizaine de fois pour aller dehors. Ces quelques cigarettes ont le goût d'une liberté enfermée et qui étouffe. Je respire ces clopes comme un prisonnier claustrophobe qui regarde le ciel au travers une petite lucarne. Rentrer le plus vite possible. Parce que j'étouffe ici.

Le rendez-vous était pour ce soir. Quand j'arrive, je les vois au fond du cabaret, entre eux. On essaie de  réchauffer le plaisir de se voir avec une poignée de main un peu trop chaleureuse. On attend presque la sonnette du four à micro-onde pour nous dire que ça y est, c'est chaud. Ça ne marche pas beaucoup.
Rentrer. Le plus vite possible.
Mon lit m'attend. Aucune contrainte avec lui.

Après le spectacle final et les derniers applaudissements, une heure après mon arrivée je lui glisse dans l'oreille que "mec, j'y vais". A cause des métros... ou peu importe. On me crois. On comprend. C'était sympa de se voir.
Ouai. Si seulement je ne ressentais pas une gravitation surpuissante m'enfoncer dans le sol à chaque pas.

Sur le chemin du retour je sens le malaise se dissiper à mesure que mon appartement se rapproche. Il est cosy. J'y serais bien. Et puis ils pensent tous que je suis occupé ce soir. Temps mieux.
Je descends du métro. J'ai déjà mes clés dans la mains. Ma rue me semble étrangement affectueuse. Comme si j'étais parti depuis très longtemps.
Ouvrir en bas. Monter les escaliers étroits. C'est bientôt fini.
Ouvrir ma porte d'entrée.
La refermer.
Poser son manteau sur le lit. S'allonger a coter. Et s'endormir. Vite.

mardi 31 janvier 2012

Respecte ma puissance pouffiasse...

Cela fait plusieurs années que je me réserve dans absolument toute occasion une fourchette bien particulière qui orne de sa magistrale originalité mon service de table.
Ce soir encore, je l'ai lavé exprès pour manger avec. Je l'ai repéré dans l'évier. Il y en avait d'autres. De belles fourchettes (j'ai toujours pris soin de volé à mes parents ou dans les cantines, adolescent - déjà - de beaux couverts. Solides. Qui tiennent en main) me faisaient de l'œil. De ces fourchettes qui prennent un maximum de riz pour le mettre dans la bouche et manger à la façon des gloutons les plus primaire, et en ça respectables que l'on puisse imaginer. Et à cinq heure du matin, ivre de tout mon être, et à jeun de toute la journée, ce n'est pas un luxe.
J'ai pourtant choisi cette fourchette. Une fourchette au combien moins efficace.
Une fourchette plate.

Ça fait des années que j'ai pu expérimenter l'absence totale d'aspect pratique de cet objet et pourtant, j'y reviens toujours. Comme pour m'imposer son originalité comme quelque chose de divin. Un truc délicieux. Une amertume instructive.
Je crois pouvoir dire sans trop m'avancer que très peu de gens ont déjà manger avec une fourchette plate. Toute plate. Pas seulement au col, mais aussi plate autant qu'on peut l'être au niveau des dents.
Autant manger avec quatre aiguilles à coudre attacher à une cuillère en bois.
Cela fait des années que j'aime cette fourchette. Son manque de pratique n'en est pas vraiment la raison, encore que. Peut-être que c'est exactement la raison qui me pousse toujours à aimer cet objet fruit de l'homme que je suis devenu à un moment donné.

Je suis tout puissant et toute chose qui vit dans mon royaume se soumettra à ma volonté. Tel est le monde dans lequel je vis et tel sera le monde à jamais. Aussi dès qu'il a été question de frustrations intolérables, j'ai commencer vers l'age de huit ans à vouloir exprimer ma colère divine. J'ai donc entrepris comme tout enfant détestable de cet age à casser mes jouets.
Pour punir les autres par les privations dont je devenais la victime. Pour ça. Ça et bien entendu pour exprimer mon incommensurable fureur bien trop précieuse et délicate pour être tut.
La privation qu'un enfant s'impose est dans les premières années de son existence une chose si terrible et si déchirante qu'elle doit très certainement pense-t-il être insupportable à vivre pour les autres.

À l'age de dix ans j'ai vécu ce que j'ai longtemps appelé en moi-même la Première Grande Analyse (j'eus malheureusement l'occasion bien après cela de prendre conscience de nouvelles fois de l'étendu de ma stupidité lors de situations très spontanées dans le temps).
Pour une raison oubliée depuis longtemps maintenant je me souviens être monter dans ma chambre en fureur. Sa majesté Moi ne supportait pas quelque chose (à postériori, cette chose, je présume aurait dû, de fait, certainement être insupportable pour quiconque aurait connu même situation). C'est donc très naturellement et avec toute la légitimité du monde que l'enfant tout à fait réfléchi que je devais être à cet instant pris cette voiture volante que j''aimais par dessus tout à cette période et lui arracha les deux ailes de plastiques en deux coups violents et absolus, symboles de mon engagement entier pour ma propre cause. Entiers et absolus, pas tout à fait puisqu'à peine avais-je estropier cette voiture demi-volante que je me souvenais l'avoir saisi avec regret en me disant que j'allais regretter ce qui était sur le point de se passer. Et c'est avec l'écœurement de celui qui vit une sensation forte juste un peu trop longtemps que j'exécutais la seconde aile de la voiture tout à fait normale à présent (bien que dorénavant dépourvu à jamais d'essieux arrière). Je l'ai balancé contre le mur et elle n'a même pas eu le temps de toucher le sol que je lâchais déjà un souffle de regret à cause de ce que je venais de me faire en me privant de cette voiture absolument géniale au demeurant. Je restais là un instant en regardant les débris sur le sol en espérant que je ne regretterais pas autant que je le supposais.

Aujourd'hui je mange avec cette fourchette d'une parfaite originalité puisque chez personne je n'ai vu de fourchette similaire. Qui en aurait voulu en même temps. Évidemment.
J'aime cette fourchette comme on aime une vieille montre à gousset qui nous rappelle un peu désagréablement il faut l'avouer que le temps passe inéluctablement à chaque instant.
Je respecte cette fourchette comme on respecte ces bons conseilles qui nous ont été jetés à la gueule par quelqu'un de plus avisé que nous, à un moment peut-être peu glorieux de notre existence.
J'aime cette fourchette façonnée par moi parce qu'elle est mon fruit et qu'elle ne sera jamais moins pratique à utiliser que depuis le jour où parce qu'elle m'a fait l'affront de tomber de mon assiette, je l'ai aplati violemment d'un coup impitoyable de pied pour l'écraser au sol.

J'aime cette fourchette pour cette raison. Tellement le symbole de ma divine colère. Tellement le symbole de conséquences qui devraient vous servir à tous d'avertissement. Tellement le symbole de ma toute puissance et tellement pas pratique que cette fourchette plate avec laquelle je galère à manger à chaque fois.

mardi 6 décembre 2011

Prise de notes


Je rentre saoul et je regarde Sex And The City. Carrie Bradshaw parle avec un Burger et a transformé son lit en table de restaurant pour s'envoyer le menu.
Moi j'ai parler toute la soirée avec mon ami de choses avec plein de sagesse et de résignation. Des femmes, de moi et de lui.

On ne fait pas du sexe comme avant. Surtout moi. À cause d'un traitement que j'ai interrompu récemment je suis encore sous le joug de ma libido défaillante. J'ai beau être rassuré par ma goal matinale, ou encore par le fait de m'être réveillé en pleine nuit pour me masturber (oui, quand tu as perdu ta vigueur pendant un mois et qu'elle te revient, tu ne fais pas dans la subtilité. Tu profites dès que possible de ta vitalité) j'ai bien pris conscience de la fragilité et de l'importance que ma petite bite avait dans ma vie. En avais-je besoin? Non. Qu'est-ce que j'ai découvert avec cette expérience? La précarité. La précarité testiculaire.
Tirer son coup? Tu n'y es pas. Juste sentir de désir pour quelque chose monter en soi. Ou le désir pour rien d'ailleurs, mais le désir quand-même.
Aujourd'hui ça va mieux. Chaque fois que je sens ma queue se contracter malgré moi, tu vas rire, mais je me marre intérieurement, comme si c'était une petite victoire sur la mort qui rôde malgré tout pas très loin. Et je te le dis, il n'est pas nécessaire de passer sous un bus pour mourir. Tu peux regarder la bite inutile pendant un peu trop longtemps pour te donner la sensation qu'une part de ton existence s'est envolée au rayon lingerie et qu'elle s'est perdu en chemin dans les fournitures scolaires.
La mort du mec vivant, c'est ça. En opposition à la mort du mec mort. Mais pour ça, on imagine tous à peu près la même chose.

Je rentre saoul donc, et on s'envoie avec mon pote des textos révolté parce que bordel, on a bien picolé et on s'est même pas roulé de pelles. C'est révoltant.
On se dit que oui, peut-être que ce qu'il leur faudrait aux jeunes c'est une bonne guerre et on se dit bonne nuit.

Un mail casse-gueule m'arrive en pleine face à peine rentré chez moi. Il faut dire pour ma défense que dans mon état, il n'est prudent de rien. Même pas d'ouvrir un mail. "Si tu veux, si tu as besoin...", bien sûr que je veux, bien sûr que j'ai besoin.
Tu es saoul, ne réponds pas. Tu verras demain, quand tu pourras faire croire entre deux activités de ta journée buzzy que tu lui as répondu nonchalamment parce que pour toi c'est une proposition acceptable sans être extraordinaire.
Comme je suis un incorrigible éjaculateur précoce, je ponds coup sur coup trois réponses successives, la suivante corrigeant les inévitables erreurs de la réponse précédente bien trop précipitée, tout ceci en m'étant juré que je n'enverrais rien avant demain matin. La troisième est la bonne sur la vie de ma mère je te le promets. Tu coup, celle-là je vais vraiment l'envoyer. Éjaculateur précoce je te l'ai dit. Mais mon insondable expérience du monde retient ma main et je me résous à lâcher l'affaire pour ce soir. L'incommensurable victoire de l'esprit sur la matière (aidé un peu par une putain de faim qui me tiraille le bide).

Pendant que mon existence a semble-t-il retrouvé le chemin du rayon lingerie de chez Zara une autre se perd dans les belles formes lointaines d'une demoiselle sauf que ça ne ressemble pas à la mort cette fois, mais plutôt à un petit moment vie.

Rebecca, une nana avec qui j'ai fait les quatre cents coups de la guerre des boutons, s'est tirée encore, à la suite de mon ixième manœuvre douteuse. Cette fois-ci sans préavis et sans solde de tout compte. Il semble que parfois je manque peut-être un peu de classe mais promis, ce coup-ci je ne sais rien. Ça me fait mal au cul parce qu'on n'avait pas à notre actif que les films de Truffaut et de Robert, mais aussi pas mal de bons souvenirs. Aussi.
Et ça compte.

J'en suis là tout de suite à observer de loin les éléments qui se déchainent sur mon récent passé comme un film auquel de mauvais réalisateurs n'auraient pas trouvé de fin, se contentant de répéter les intrigues dont tout le monde s'est lassé. Je décide de tourner les talons et d'aller à la séance de demain. Peut-être. Pas envie de cinéma ce soir.

Je vois les choses passer en regrettant par-ci, en sachant pertinemment par-là et en buvant un grand verre d'eau pour éviter la migraine demain et la gueule de bois.
C'est tout ce qui compte pour l'instant. Pour le reste je verrais un autre jour.

samedi 3 décembre 2011

Je veux pas dormir. J'ai peur.


À peine ai-je fermé les yeux qu'un, deux, trois rêves se succèdent à une vitesse étonnante. Je me réveille en sursaut. Parfois je demande à la personne à côté de moi, quand il y en a une, si j'ai hurlé en vrai ou si c'est dans mon rêve, sur ce même lit, au même instant, que j'ai hurlé. Une voix pâteuse me dit que non. Une voix pâteuse me dira plus tard que non, aucun des voisins ne se sont disputé violemment dans le couloir, au vu et su de tout les habitants.

Ça a été comme cela toute la nuit. Des rêves effroyables et d'une réalité déconcertante. Qui se sont enchainé. Il suffit de fermer les yeux pour que des images angoissantes me passent par la tête, m'entrainant doucement vers un sommeil qui aura tout le loisir d'appuyer sur des images plus vraies. Qui font plus mal.

C'est comme cela depuis plusieurs jours. Et comme je dors seul, en pleine nuit il m'arrive d'avoir peur de fermer l'œil. Peur de revoir d'un coup au fond de ma rétine ces scènes absurdes qui me flasheraient comme sur l'autoroute.
C'est toujours très réel. La plupart du temps ce qui m'angoisse c'est que j'ai l'impression de me tortiller dans mon lit pour me forcer à ouvrir les yeux avant de me réveiller. Puis, après quelques secondes de doute, je sais. Je dormais donc.
"Tu ne m'as pas entendu parler? Tu ne m'as pas entendu dire "ouvres les yeux putain... ouvres les yeux...", vraiment?". Toujours la même réponse.
Non. Et pourtant dans ma peur incompréhensible j'étais bien là les paupières brutalement tenues chacune par une main entre le pouce et l'index, entrain de croire qu'il se passe quelque chose parce que je ne peux pas ouvrir les yeux et que des choses horribles se passent sous mes yeux.
Je veux les ouvrir et j'en viens à me supplier d'y arriver. À m'en faire mal aux globes oculaire.

Quand j'ouvre les yeux, plus rien. Juste la peur de les refermer.

Il n'y a pas de code dans les rêves. Pas de style. Il n'y a pas de clichés d'indice. Au cinéma, pour qu'un film fasse peur il faut respecter un cahier des charges très strict. Les rêves n'ont pas cet impératif. Il te suffit de rêver d'une jeune fille qui se fait déposer par son père. De la laisser passer un après-midi avec toi, dans ton grand jardin à la verdure irradiante d'un magnifique soleil d'été en compagnie de tes frères et d'autres invités. De te mettre torse nu et de vous amuser à vous arroser. De la laisser faire une sieste en haut puis de voir son père arriver, de la voir descendre précipitamment, de souhaiter que son père n'ait rien vu.
Il te suffit de cela, et de te dire que ce rêve sera un cauchemar effroyable. Et il le sera.
Mystérieusement.
Depuis plusieurs jours j'ai peur de fermer les yeux la nuit. Parce que les rêves font ce qu'ils veulent.

J'ai l'impression de rapetisser inexplicablement. De regagner une innocence angoissante, de devoir lever bien haut ma main d'enfant qui a mystérieusement ongles rongés par une peur âgée de trente ans. De lever cette main vers le ciel, pour qu'un adulte vienne la saisir et me rassurer. Avant de dormir il mettrait la veilleuse.
Ce serait bien.

mercredi 23 novembre 2011

Comme une déclaration de guerre froide. Glacée.



Cet après-midi, j'ai annoncé à ma soeur que j'ai laissé tomber mon traitement. Je lui en explique les raisons.
Qu'on ne peut pas prétendre trouver les solutions à un mal existentiel grâce à une médication. Que les camés ont se genre de comportement. Que je suis fort heureusement encore en possession de la majeur partie de mes moyens mentaux. Je ne n'hésiterais pas à reprendre les antidépresseurs si vraiment je n'y arrive pas sans même si pour l'instant je vais plutôt essayer de chercher la solution en moi, dans mes actes, dans la prise en main de ma vie plutôt que dans une gélule qui expliquera à mon cerveau bon gré mal gré que si si tout va bien ne t'en fait pas.

Depuis que j'ai commencé le traitement j'ai pu remarqué un changement de mon état. Un changement insidieux. Positif? … je ne sentais plus vraiment ce mal-être qui m'étouffait. À la place, rien. Plus rien. Plus vraiment de libido, plus vraiment d'envie de sexe, plus vraiment d'envie, ni de besoin d'écrire. Plus de besoin de drogue, plus de besoin d'alcool. Plus vraiment de besoin de vivre intensément la vie comme je l'ai vécu jusqu'à maintenant. Ce médicament me soigne.

Il me soigne en faisant de moi quelqu'un d'autre de toute évidence.

J'ai pu dormir durant plusieurs jours très agréables nu à côté d'une amie nue également, allégés grâce à une toute nouvelle sorte d'impudeur. Une impudeur sans désir.
Ce fut bon. Ce fut amical. Il y aurait beaucoup à dire de tout cela, mais le fait est que j'ai une queue. Que je peux être soulagé de ne pas avoir de problèmes particuliers pour bander. Je n'ai pas eu d'accident grave qui a conduit à une amputation de mon pénis. Je ne suis pas impuissant. Je ne suis pas un obsédé sexuel. Je suis de ces hommes qui peuvent être heureux de n'avoir au niveau des la bite et des couilles aucun problème particulier.
Et on voudrait me soigner en me prenant cela? Cela et plus encore?
On voudrait me prendre le besoin viscéral et inné que j'ai de m'exprimer. On voudrait m'ôter la sensation d'accomplissement à chaque fin d'une nouvelle phrase, à chaque nouvelle note. On voudrait m'ôter le plaisir des yeux, le plaisir du corps.
On voudrait m'ôter tout cela pour me donner quoi? La paix.
Cette paix à quelque chose d'une sorte de résignation fondamentale. .

J'ai annoncé à ma soeur cet après-midi que je préférais que mes questions restent sans réponse plutôt qu'on me donne de quoi les oublier.
Je suis disposer à trouver la paix plus tard si je peux encore sentir mon corps frissonner en attendant.

Texto. Sa réponse: Je te trouve définitivement sain et équilibré. Avec ou sans médicaments.

mercredi 16 novembre 2011

Un sujet en passant

Il suffit que nos amis communs prononcent son nom pour me faire trébucher.
Quand ceux qui la connaissent prononcent son nom quand je ne m'y attends pas, j'ai un petit hoquet. Un reflexe nerveux que je cache au fond de ma tête l'air de rien.
Quand on parle d'elle, parfois ça arrive, je prends soin de ne pas la nommer, je ne sais pas pourquoi, et j'espère que personne ne dira son nom. Et si d'un seul coup il arrive dans la conversation, alors ma pensée de l'instant loupe brutalement une marche avant de reprendre l'air de rien.
Personne ne le sait sans doute parce que je tire avec un flegme distingué sur ma cigarette dans ces moment là mais quand son nom vient dans la conversation sans t'en rendre compte c'est comme si dans ma tête ma voiture venait de caler en plein milieu du carrefour. Là où transitent tout mes flux vitaux.
Comme un électro-choc, quand ceux qui la connaissent disent son nom.

Encore aujourd'hui.
Encore. Aujourd'hui.